L’imposture gaulliste

Publié le par pierre

 Le gaullisme a représenté une politique et une forme de pouvoir. Il ne reste que la forme de pouvoir au travers de la constitution de la Veme République. Le prétendu « gaullisme » actuel est en fait le fossoyeur du gaullisme politique et historique tel qu’il fut avec le « général ». Issu de la résistance, c’est une politique de résistance aux mutations du capitalisme de l’après guerre et une représentation de ce que le PCF désignait comme « capitalisme monopolistique d’Etat ». Opposé à l’atlantisme et la domination des USA, tant du point de vue militaire qu’ économique, De Gaulle s’oppose aux visions impérialistes des Etats-Unis en construisant une politique extérieure indépendante et repousse le modèle anglo-saxon. Il est en rupture avec les politiques atlantistes soumises et en étroite relation avec l’Angleterre suivies par la Quatrième République. L’axe Franco-Anglais est rompu. Les droites françaises sont diverses et souvent antagonistes. La démocratie chrétienne alors représentée par Jean Lecanuet, ne partage pas l’orientation gaulliste. Ce centre est en fait à la droite du Général et éprouve de grandes difficultés à représenter la petite et moyenne bourgeoisie. Giscard d’Estaing et les républicains indépendants représentent les intérêts de la bourgeoisie d’affaire pressée d’entreprendre les mutations internationales initiées par l’impérialisme américain. Cette droite européiste considère la construction européenne comme une étape vers un néo libéralisme naissant. De Gaulle y oppose toute sa résistance et s’insère dans une politique de non alignement. La mondialisation qui se dessine, il n’en veut pas, suivi en cela par les forces sociales et économiques qui la redoutent. Son ouverture à l’Est, n’est pas partagée par ses alliés de droite, ni par le centre atlantiste. Il veut prouver l’indépendance de la France et sa capacité à trouver une autre voie et à refuser la domination économique avec la « loi anti-trust ». La trahison viendra de son camp et plus particulièrement de celui qui incarne la droite moderne et novatrice, chantre de l’économisme, Giscard d’Estaing. Or ce dernier drainera toute la droite dans son sillage idéologique et un partie de la gauche, désignée comme la « deuxième gauche », celle qui est en train de l’emporter au sein du PS. Cette période de mutation et de crise n’est pas étrangère à mai 68. Elle correspond également à une fantastique offensive des Etats-Unis, la guerre au Viêt-Nam, la soumission économique en Amérique latine et de fortes ingérences en Afrique. Les résistances sont fortes et De Gaulle se tourne naturellement vers les nons-alignés. A son tour il multiplie les offensives , au Mexique au Québec, en Chine, en Afrique. Mai 68, n’est pas simplement un malaise « intra-muros », c’est partout et les pouvoirs en place quelles que soient leurs natures deviennent les cibles et sont contestés, le gaulliste, comme les autres. L’imposture gaulliste consiste à épouser aujourd’hui tout qui fut dénoncé et combattu par De Gaulle et qui d’une certaine manière a justifié un temps son existence politique. Les forces sociales et économiques du gaullisme ont disparues contrairement au socialisme mais celles ci sont utilisées à d’autres fins que celles pour lesquelles le socialisme a été fondé . Le gaullisme a participé au maintien d’un modèle français. Ceux qui se prétendent ses héritiers participent à son « détricotage » et la droite française n’est pas gaulliste, elle est néo libérale et c’est la politique qu’elle applique. Il reste ici est là quelques personnalités « gaullistes », marginalisées politiquement. La direction du PS n’est pas en reste en effaçant tous les liens historiques avec le socialisme et la social-démocratie et avec ses fondateurs. Ils deviennent à leur tour des imposteurs au même titre que ceux qu’ils prétendent combattre. Au bal des faux-semblants, les faux-culs sont chef d’orchestre. La crise actuelle n’est que le produit des crises passées non résorbées et personne ne veut décliner sa véritable identité. Certes le capitalisme est une situation de crise permanente sauf lors des périodes de compromis social quand la rapport des forces est au bénéfice du travail et de la classe ouvrière. Nous ne sommes plus dans de telles conditions, au contraire. Tous les ans il y un mois de mai et l’un d’entre eux sera propice à l’effondrement des impostures et des imposteurs. Ce nouveau cycle de crise connaîtra également ses soubresauts . Sarkozy s’en prend à tout, au modèle français, à mai 68, au Front Populaire, à 1789, à la République, à 1905 et à ce qu’il n’avoue pas , à l’héritage gaulliste. Le néo conservatisme supporte mal les progrès de l’histoire et les idées des hommes et des femmes qui les ont arrachés. Le gaullisme, entre autres, s’inscrit dans des périodes de résistances, aux invasions des hordes fascistes militaires et brutales à celles financières et économiques non moins brutales , d’un impérialisme tout aussi autoritaire. Il n’y a pas de cinquième colonne, il y a de l’imposture.
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