Voleurs sans frontières.

Publié le par pierre

          
                           Cela pourrait être le sigle des grandes multinationales dans la nouvelle phase du capitalisme mondialisé. Adidas trouve que les salaires  de ses ouvriers sont trop élevés en Chine, 93 euros par mois pour plus de 60 heures de travail par semaine, sans congés, sans cotisations retraites ni de sécurité sociale et bien évidemment sans droit de grève. Pour se loger ces salariés disposent d'une chambre pour une dizaine qui se relaient pour dormir par équipes en fonction des horaires en trois huit. Ils disposent d'un cabinet de toilette par étage et d'un robinet d'eau froide pour plusieurs chambres. Le tout loué par l'entreprise aux salariés ou par un marchand de sommeil. Adidas menace de délocaliser dans un pays dans lequel les salaires sont encore plus bas et les conditions de vie encore plus misérables. Plusieurs moins disants  aurait la faveur de l'entreprise.
                              D'autres multinationales se plaignent également auprès des autorités chinoises, puisqu'il se murmure que ces dernières pourraient éventuellement mettre en place un « code du travail ». Ces sociétés anglaises menacent à leur tour de délocaliser si le gouvernement chinois prenait une telle décision.  En Amérique latine les entreprises US ne respectent pas les engagements pris, ni en matière de salaire, de congés et le temps de travail est fixé selon le bon vouloir du directeur de l'entreprise et les retraites ne sont plus versées. Au Venezuela par exemple, ces entreprises ont été obligées par le pouvoir de Chavez de respecter ces engagements et les plus récalcitrantes ont été nationalisées sans aucun dédommagement au prétexte des dommages subis par les travailleurs vénézueliens . C'est certainement un exemple à suivre. La presse réactionnaire et organe de propagande des voleurs s'indignait de la « confiscation d'un bien privé qu'est une entreprise » mais à aucun moment de la confiscation de salaires de temps, de droits et de la dignité des salariés.
                                  De plus ces entreprises bénéficient de l'appui des autorités des pays dans lesquels elles sévissent, de la police locale afin de réprimer toute contestation, des différentes « justices » et des prisons pour les plus rebelles des salariés et bien sur la syndicalisation est interdite, poursuivie et durement châtiée. Des « meneurs » disparaissent  et on tire dans le tas en cas de conflit . Les droits de l'homme, en somme. Le MEDEF en rêve.
                               C'est bien connu, il n'y a plus d'ouvriers et malgré leur ressemblance avec tout autre être humain, ils ne sont pas. Il n'y a donc pas lieu de respecter les « droits de l ‘homme », espèce à laquelle ils n'appartiennent pas. En système capitaliste les droits sont ceux d'une prétendue « élite » autoproclamée et possédante ou au service de la classe qui possède. Le néo libéralisme n'est pas encore parvenue à sa « controverse de Valladolid » et ne reconnaît toujours pas la nature humaine du producteur. C'est dans la plupart des pays un animal soumis aux intérêts capitalistes et c'est sa seule raison d'être et d'exister. Il n'est parfois qu'une pièce « intelligente » de la machine à laquelle il est attaché, dans la production, la réparation et sa construction. A propos de « droits de l'homme » , des millions d'ouvriers et d'ouvrières subissent toute leur vie des conditions pires que celles vécues par Ingrid Betttancourt . Il y a des symboles et d'autres qui ne le sont pas et il n'est pas question de minorer le vécu de madame Bettancourt mais simplement d'avoir un élément de comparaison de l'horreur qu'est l'exploitation humaine. Toute une vie, depuis l'enfance à travailler sans pouvoir se nourrir correctement, s'habiller, se soigner, se former, sans être libre de sa pensée ni de ses mouvements. Lire et écrire, un luxe, sauf si c'est un besoin pour produire et à cette seule fin le patron y consent.
                                Des « droits de l'homme » la plupart des ouvriers de par le monde en sont exclus, ce sont les privilèges de la classe dirigeante et leur presse s'alarme aussitôt qu'un des leur est touché . Des droits à sens unique et à géométrie variable et puis parfois, la fureur populaire éclate et des têtes coiffent des piques.... « La violence des pauvres n'a d'égale que celle qu'ils ont subie »(Jaurès). La presse qui se tait se déchaînera alors au secours des voleurs de conscience. Mais tout vol mérite chatimen
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