Crise et profit.

Publié le par agauchelagauche

  L’information est peu friande et la crise actuelle ne fait la « une ». Les banalités succèdent aux banalités entre quelques explications et analyses « techniques » financières. L’augmentation de la demande , il y a quelques mois encore et puis, les céréales baissent ainsi que la plupart des matières premières. La demande se serait elle subitement effondrée en quelques semaines . Les superficies et les rendements en blé, maïs, orge, avoine, seigle, auraient ils à ce point augmentés sur la planète, qu'ils auraient en quelques semaines satisfaits, bien au delà de la demande et reconstitués les stocks d’une manière aussi extraordinaire. Il en y va de même pour les matières premières. L’annonce de l’augmentation de la production ne suffit pas à expliquer la crise dans les proportions actuelles. La baisse du pouvoir d’achat des ménages américains ,voilà les raisons et les coupables de la récession selon un éminent journal « économique ». Les américains dépensent plus que de raison pour les « gros 4X4 » et le superflu que pour le nécessaire et ils devraient changer leur façon de consommer. Oui mais les 4X4 sont également saisis, comme les maisons et la masse de « l’épargne populaire » est en baisse constante depuis plusieurs années, les assurances individuelles santé et retraite (privées) également. L’appauvrissement au USA gagne du terrain jusqu’au sein même de la « classe moyenne ». La baisse du pouvoir d’achat n’est que la conséquence de la baisse des revenus des salariés et de la voracité des compagnies financières, si bien que les foyers américains ne peuvent plus faire face à leurs dettes et notamment sur des emprunts à taux variables, autre forme de racket. C’est bien une crise du profit, puisque l’augmentation de la demande devrait créer une embellie et relancer la machine de production qui à son tour relance la demande, selon le vieux « credo » capitaliste. Sauf que dans le cadre de la concurrence ( de moins en moins évidente, concentration oblige), c’est la part du travail qui baisse au profit du capital et les produits augmentent. Prix à la hausse et salaires à la baisse , voilà une contradiction qui sert à alimenter les marges et la machine s’emballe dès que les salaires ne permettent plus de consommer ce qui est produit. Le serpent se mord la queue . La recherche du profit maximum engendre une crise quand l’équation est rompue. Pour la surmonter, c’est aux salariés que le capitalisme présente sa note, sans se défaire pour autant de ses profits. Quelques entreprises, banques et filiales ne disparaîtrons qu’au profit d’autres plus puissantes, capital et intérêts compris. Le social libéralisme parle de profits irraisonnés et proposera le sempiternel « régulation du marché ». Qu’y a t il de raisonné dans le profit et dans la concurrence et dans quelles limites au moment ou le même social libéralisme a détruit les instruments de « régulation » sociaux et économiques en Europe, issus du compromis entre le capital et le travail. Le profit n’est il pas le moteur du capitalisme, devenu si gros qu’il a toujours plus besoin d’énergie pour faire fonctionner sa machine, le fric en réservoir. C’est bien une crise du profit que le capitalisme estime encore insuffisant.
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